Caractérisation des clostridies psychrotrophes responsables de l’altération des foies gras pasteurisés

septembre-octobre 2018 Référence : 20180910-4-CTCPA Auteur(s) : Stella PLANCHON, Barbara NIBOUCHE, François ZUBER, Elisabeth PAYEUX, Stéphane ANDRÉ, CTCPA Retour >>

Des clostridies psychrotrophes ont été identifiés dans des cas d’altération des foies gras pasteurisés de canard. Des conditions optimales pour leur croissance (milieu de culture, temps et température) ont été déterminées afin de mieux les isoler en laboratoire et les caractériser par la suite. La caractérisation de ces espèces permettrait de mieux comprendre leur comportement dans les produits depuis leur entrée sur la ligne de transformation jusqu’à la fin de la durée de vie (entre 6 et 36 mois à 4°C). Le deuxième objectif du projet est de déterminer les niches écologiques de ces espèces et la présence éventuelle de points critiques sur une ligne de fabrication. Sur 36 mois de conservation, aucune croissance n’est constatée à 4°C après inoculation avec des cellules végétatives de Clostridium bowmanii et Clostridium algidicarnis. La sporulation, laborieuse et non reproductible pour ces espèces, a été obtenue pour quelques souches sur une trentaine étudiée. Un facteur de 5 à 15 a été obtenu entre la thermorésistance en milieu de laboratoire et celle en matrice foie gras pour plusieurs souches de C. algidicarnis. Les résultats de thermorésistance montrent que le traitement de pasteurisation n’est pas suffisant pour éliminer les spores de C. algidicarnis et que les mesures de maîtrise d’hygiène de ce micro-organisme sont à adapter notamment en amont du traitement thermique. Il est important de connaitre l’origine de la contamination des foies gras par ces espèces psychrotrophes et d’identifier les points critiques de développement ou sporulation sur les lignes de fabrication. Des travaux complémentaires sont d’ores et déjà initiés au laboratoire de microbiologie du CTCPA pour acquérir ces connaissances. En complément, des outils PCR (Polymerase Chain Reaction) de détection/quantification ont été développés pour la mise en évidence du genre Clostridium d’une part, et secondairement de l’espèce C. algidicarnis. La sensibilité de ces outils est de l’ordre de 1 à 10E3 CFU/mL selon l’espèce et la souche. Ce projet a reçu le soutien financier du Cifog.